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dimanche 1 juin 2008

Sainte Anastasie L'Intégrale

Franchement, ça partait mal. Nous nous sommes retrouvés vendredi soir devant l'entrée du site des Festifollies vers 21 heures. L'horaire avait été modifié car dans l'après-midi il avait abondamment plu. Comme d'ailleurs quasiment tous les jours depuis une quinzaine, ce qui fait dire au Midi Libre que c'est le mois de mai le plus pourri depuis une cinquantaine d'années ! Avant de stopper devant l'entrée du tout nouveau complexe de loisir de Russsan, nous étions passés devant le cimetière : étai-ce là un signe discret d’un avenir incertain ? Laurent Richard nous attendait devant les algeco de l'entrée. Il nous conduisit vers la scène, puis nous fit signe de nous garer devant un groupe de personnes. L'une d'elle, âgée d'une soixantaine d'années, petite et souriante, style babacool écolo en K-way, les cheveux gris frisés en bataille était sa mère, Dominique. Dans le crépuscule de cette fin de soirée, obscurci par les lourds nuages sombres qui occultaient le ciel, nous nous tenions sur un caillebotis qui parcourait le terrain de plusieurs hectares jusqu'à une immense scène édifiée devant un grand bâtiment neuf de béton à usage sportif. Sur la droite, des centaines de chaises alignaient leurs rangs serrés. Plusieurs équipes de manutentionnaires continuaient à décharger des camions afin de compléter les places. Sur notre gauche, une buvette faisait face à une scène plus réduite, mais de dimensions très respectables tout de même : une bonne quinzaine de mètres de long sur 6 dans sa plus grande largeur. Bordant le terrain à gauche, une enfilade de marabouts blancs étaient vides encore des futurs sponsors de la manifestation.

Ces structures étaient comme des ilots au milieu d'une étendue de terre herbeuse et détrempée, sur laquelle s'imprimaient les traces de pneus des utilitaires qui avaient amenés les équipements. On marchait avec précaution, surtout Nico, que nous avions emmenés, et qui n'ayant pas prévu cette virée champêtre était en tongues. Notre prudente exploration nous mena vers une tente attenante à la scène. C'est là que devaient être entreposé les instruments. Rappelons que la raison de notre visite sur le site était d'une part de déposer le matériel, mais aussi d'effectuer la balance des instruments et micros. La scène était luisante de pluie, les baffles montés sur pieds, ainsi que les retours étaient protégés par des bâches. Ironiquement, les enceintes de retour se nomment « bain de pied » dans le jargon des musicos. Elles n’avaient jamais aussi bien porté leur nom ! Au vu des conditions climatiques, les organisateurs annulaient la balance, reportant celle-ci au lendemain, quelques minutes avant notre concert. Là sur le coup j'ai eu comme un petit coup de mou. Les conditions de temps plus que précaires, l'absence de répétition, le matériel entreposé un peu à l'arrache sous une tente, l'état du terrain, autant d'éléments qui ne contribuaient pas à la sérénité du groupe.

Je m'interrogeai du coup sur l'opportunité de notre venue. Çà ressemblait un peu à un coup pour rien, d'autant que le matériel ne pouvait pas rester dans la tente. Cette dernière devait servir le lendemain de loge pour les filles du défilé de mode. Ce qui nécessitait donc qu'on vienne à 10 heures pour tout transférer sur l'estrade. Bon rien de grave, on est habitué désormais aux multiples manutentions, aux installations à l'arrache, aux balances bâclées, et au son de caverne.
Cependant le moral des filles notamment n’était pas des plus brillants. Odile surtout, avec encore en tête l’aventure du Caméra, ne pouvait empêcher son inquiétude de grandir face aux conditions précaires du concert qui s’annonçait.

Haut les cœurs ! Il est 10 heures ce samedi quand nous nous pointons aux festifollies. Le temps est très incertain, le ciel parcouru de lourds nuages, percés régulièrement des rayons d'un soleil torride. La scène a séché, le terrain est praticable. Dans la nuit les équipes ont continué à travailler, les chaises sont en place, il y en a des milliers, tant du coté spectacle qu'autour des dizaines de tables du coin restauration. Les sponsors commencent à installer leur stand. La buvette ouvre, la régie s'anime, le présentateur se chauffe la voix. Je ne suis jamais allé au festival des vieilles charrues, mais j'ai l'impression que ça devait ressembler à ça au tout début. Un coté très amateur, mais en même temps, nous constatons une organisation impressionnante, avec des techniciens de toutes sortes, un service d'ordre impeccable. Pour parvenir jusqu'à l'entrée nous avons dû montrer patte blanche plusieurs fois en produisant un « pass technicien »
devant les points de contrôle dès l'entrée du village. Nous ne sommes que trois. Je suis allé prendre Jésou chez lui en compagnie de Nico. Les autres comme par hasard sont pris par telle ou telle activité qui les empêche de nous aider. Le matériel est transféré en quelques minutes. Nous discutons un peu avec l'organisation, notre balance est confirmée, ainsi que le câblage des instruments et micros vers 16h. Nous profitons de notre désœuvrement pour nous approcher de la buvette. Nous commandons un café. Il va bien avec les cacahuètes et les chips.
Il est 11h. Nous sommes bien. Pas de tension encore. A une table à coté le sosie de José Bové lit son journal. Je le prends en photo, il me voit. Visiblement il n'est pas content. Il s'approche de moi, et me demande d'effacer la photo. Je respecte son droit à l'image ! Mais déjà l'animateur, un sexagénaire en veste couleur fraise, énonce les festivités de la journée. Il a un peu de mal avec notre groupe. Il s'y reprend à trois fois Under.... Undertak... les Undertakbakers de Christian Fabre. D'ailleurs tout au long de la journée, il aura le plus grand mal à prononcer notre nom !

Voici toutefois que la foule s'agite, Alexandra Rosenfeld arrive, Miss France 2005, Miss Europe 2006. Elle est charmante. Elle doit manger un jour sur trois, son visage et sa silhouette rappellent un peu Valou. Elle a un accent charmant, et un sourire adorable. On ne s'aperçoit presque pas qu'elle est en représentation. Elle est d'une gentillesse désarmante. Elle se tient au milieu de notables et d élus locaux, dont le maire qui se pressent autour d'elle pour profiter un peu de sa beauté devant les photographes. Les sponsors sont là, qui l'attendent. Petits discours, bises, et tout le monde se dirige vers les stands. Nous suivons un moment. Je me prends à penser à ce que doit être sa vie. Elle court les manifestations locales, les inaugurations diverses et variée, posant au coté de centaines d'inconnus, toujours aimable, valorisant au maximum l'éphémère notoriété de son titre.

C'est vers 14h30 que je retrouve le reste du groupe. Certains ont mangé sur place, d'autres arrivent en même temps que moi. Il fait une chaleur lourde, moite. Le temps est orageux. Les tables sont installées en plein soleil. Heureusement mon chapeau me protège. Je salue la maman de Marie-Françoise, qui écoute les UFR en boucle. J'ai la voix de Johny Halliday selon elle. C’est une fan, je ne peux qu’approuver son jugement !
Les premières formations se mettent en place. Accordéon, mélodies celtiques, devant la scène quelques personnes d'un certain âge ont tiré des chaises. A la buvette les consommateurs écoutent d'une oreille distraite. Il est vrai que tout cela n'est pas de nature à emballer l'après-midi. Il doit y avoir quatre ou cinq cents personnes qui flânent le long des stands, se tiennent au bar, ou finissent de manger. Au loin, on voit des machinos s'affairer sur la scène principale, commençant les réglages pour le groupe de jazz.

Il est 15h45. Le chanteur à voix Gérard Metge monte sur scène, nous aussi. Nous commençons à installer le matériel et à câbler le tout alors qu'à coté Le gars, la soixantaine, entame son récital. Il chante essentiellement du Sardou. C'est courageux, il chante seul, sur une bande son, plutôt pas mal. Nous, on s'active. Ça fait drôle d'ailleurs de monter le matériel à quelques mètres du chanteur. Moi ça me perturberait qu’une bande de 7 trouble-fête s'agite et s'interpelle si près. Mais pas lui, il est dans son truc, il est dedans. Il me dira plus tard qu'il a commencé il y a une quinzaine d'années, qu'il connait une cinquantaine de chansons. Je ne pourrais pas chanter seul. J’aime l’idée de groupe. C’est plus rassurant d’une part, et puis fabriquer quelque chose à plusieurs, et le porter devant un public, c’est vraiment grisant. En plus on doit s’emmerder quand on est un chanteur solitaire. Qu’est-ce qu’on fait pendant les répètes ? Pas de pause, pas de blablas, juste un face à face avec soi-même. A mi récital, il confie à la foule qu’il a une petite soif. D’un stand une petite femme sort une bouteille à la main. C’est touchant. L’épouse aimante, sa toute première admiratrice, qui prend soin de son homme. Il n’est pas si seul que ça finalement. Elle doit être son habilleuse, sa technicienne, sa confidente, son agent.

Bon, c’est à nous. C’est le moment de la BALANCE. Je ne voudrais pas raconter de bêtises, mais elle dure 5 minutes chrono ! Elle n’est pas bâclés cependant, Laurent est au pupitre et appelle successivement chaque musicien pour régler son instrument. Les voix sont calées, et c’est parti !
Enfin, parti, c’est vite dit. Nous avions décidé de commencer par Whatever, pour des raisons de successions de titres. Il faut alterner les arrangements en La et les arrangements en Mi. Et puis on s’était dit que cette chanson, nous la connaissions par cœur. Des centaines de fois on l’a répétée, on pourrait la jouer les yeux fermés. C’est d’ailleurs la seule chanson pour laquelle je ne cherche même pas à regarder mon livret. Eh ben c’est justement ce morceau, le premier du concert, dont on loupe le départ. Le Pascou, occupé ailleurs, démarre sur bête de scène. Tout le monde est un peu interdit, il y a comme un flottement, je m’interromps au milieu du premier vers. On se regarde, un vent de panique passe parmi les musiciens, mais Phil le K tient bon et maintient le tempo. Pierre enchaîne sur un deuxième tour, et chacun finit par reprendre ses marques. On a eu chaud. Comme quoi même pour ce qui nous semble être le plus évident, il faut garder sa concentration. Le reste du concert se passe bien. Nos amis sont devant nous, ils font la claque. Mais le public est clairsemé et manifeste peu. Un couple danse sur l’un de nos titres, un autre se tient assis devant, attentif, reprenant parfois certains refrains des standards. Mais en tous cas les gens présents ne se barrent pas. Ils restent et écoutent. C’est déjà une victoire ! Moi je déambule sur la scène, je l’arpente de long en large, je danse, je mouline, je m’éclate.

A la fin de la représentation, au bout d’à peu près une demi-heure, les copains nous disent que le son était bon. Seule Odile, dont le micro avait été réglé en tant que choriste, était un peu juste sur New York. Il faut dire que Laurent, qui était présent sur les premiers titres, à quitté la régie au moment du passage d’Odile. Un jeune a pris sa place, qui a trafiqué les boutons. A partir de ce moment, le son s’est un peu dégradé. Egalement les retours n’étaient pas assez forts, moi j’avais la chance d’entendre tout le monde, mais mes partenaires avaient du mal à suivre ma voix. Globalement nous sommes contents. Nous avons fourni un travail honnête, plutôt propre, et assez carré, si on excepte le brouillon Whatever.

Sitôt fini, nous commençons à démonter, tandis que Jésou et Pascou fument une cigarette. Tout est plié en un quart d’heure. Un technicien, venu récupérer les câbles pour les apporter sur la grande scène me confie qu’il a aimé ce que nous avons fait. C’est toujours un petit plaisir quand on reçoit un satisfecit, surtout quand ça vient de professionnels, fussent-ils spécialistes du démontage !

Un dernier verre de l’amitié à la buvette conclut cette journée satisfaisante. C’était notre premier concert devant un public inconnu. Ca n’a pas été le triomphe, mais nous avons très correctement animé notre tranche horaire. Le contrat est rempli.

9 commentaires:

Anonyme a dit…

petit detail pour mitch,la grande fan qui etait samedi avec nous c'est ma mère et pas celle de marie-françoise

phil

The Undertakers 5 a dit…

Note de la rédaction.

Erratum
A la place de :

"Je salue la maman de Marie-Françoise, qui écoute les UFR en boucle."

il fallait lire :

Je salue la maman de Phil le Carré, qui écoute les UFR en boucle.

Nos excuses à la famille.

Anonyme a dit…

Salut à tous!
Je m'en vais ptospecter pour la tournéee "Corsicatour 2008".
Mitch, entraine toi à te moucher l'oreille en chantant (c'est la coutume là-bas..)
P

The Undertakers 5 a dit…

Cher P, j'ai arrêté cette pratique consistant à mettre ma main en coquillage autour de l'oreille : j'entendais constamment ma belle mère.

Anonyme a dit…

les corses se mouchent les oreilles ?
Ils se nettoient le nez avec des cotons tiges alors?
POURQUOI QU'ILS SE COIFFERAIENT PAS LES CHEVEUX AVEC UNE BROSSE A DENT TANT QU'ON Y EST !
puon

The Undertakers 5 a dit…

Ouais, ils sont capables de se gratter les couilles avec le nez aussi parait-il !

The Undertakers 5 a dit…

Ouais, ils sont capables de se gratter les couilles avec le nez aussi parait-il !

Anonyme a dit…

trash gore :p



N

Anonyme a dit…

et les filles du défilé étaient comment?