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mardi 25 novembre 2008

De l'Autre Coté des Miroirs

Après ce que nous avons vécu ce dernier week-end, durant les deux heures intenses du concert de SQ, comment s'atteler sérieusement au compte-rendu de notre dernière répétition ? Je crois que c'est là une gageure. Cependant l'exhaustivité de notre démarche nécessite qu'on en passe par là.

Que s'est-il donc passé mercredi dernier qui mérite de retenir notre attention ?

L'immuable SJM nous attendait, nous l'investîmes avec bonheur. Il est bon de retrouver cette salle chaque semaine, elle est désormais empreinte de quelques uns de nos meilleurs souvenirs musicaux, elle est chargée aussi du poids d'incroyables désastres cacophoniques. La SJM en ce sens est une métaphore de la vie, ses joies, ses peines, ses plaisirs simples et partagés. Elle est le réceptacle de nos espoirs et nos passions, de nos humeurs et nos coups de blues. Tel le phénix, elle renaît de ses cendres selon un cycle immuable pour mieux abriter la vie fragile de notre groupe. Surtout elle atteste d'une valeur fondamentale de l'humanité, qui se caractérise par l'importance de la relation au monde et à l'autre, et fait de lui l'Animal Social.

Ce qui m'amène a une découverte fondamentale et fascinante de la dernière décennie en neurosciences, dans la compréhension du cerveau humain : les neurones-miroirs (Giacomo Rizzolatti - 1996) Ils sont tout simplement à la base de notre civilisation et toute nos actions ne sont que le « reflet de ces miroirs ». Ce sont des syntoniseurs, à l’image de ce dispositif des transistors anciens qui rentrait en résonance avec les ondes radiophoniques pour produire du son (le bouton de l’accord et l’œil magique qui darde quand on est calé sur la station). Ils interprètent nos perceptions pour leur donner du sens. Ils sont à l'origine de notre socialisation, par l'appréhension, la compréhension et l'interprétation de notre environnement mais aussi des autres individus. Il nous aident à faire la différence entre ce qui nous ressemble -les autres humains- et de simples objets. Par la même ils participent à la notion de conscience de soi. Ils traduisent notre degré d'empathie, interviennent dans le processus d'apprentissage, par le biais de l'imitation.

Notre langage, notre gestuelle et tout ce qui fait que nous possédons des outils communs de communication résultent du travail de ces cellules. Ils ont surtout une fonction essentielle à l'évolution de notre espèce : celle de nous permettre de « désapprendre » c'est à dire de développer des nouveaux schémas de pensée. Grâce à eux, nous pouvons expérimenter et élaborer de nouveaux circuits neuronaux qui nous permettront de nous extraire de la routine. Ils ont initié toutes les grandes inventions, là où les animaux supérieurs comme les dauphins ou les éléphants sont condamnées à reproduire génération après génération, les mêmes comportements (on le voit bien, concernant les pachydermes, avec le triste spectacle que nous donne le PS). Ce qui est troublant, c'est que leur étude montre deux choses, on n'imite pas une action, comme on pourrait le croire, mais une « intention d'action ». C'est-à-dire que si on regarde quelqu’un s’acharner, sans résultat, sur le bouchon d’une bouteille de boisson ambrée (par exemple) et qu’il nous la tend, on n’imitera pas seulement son geste, on imitera son intention de l’ouvrir, développant au passage un sentiment de concurrence qui nous poussera à l’ouvrir, cette putain de bouteille, pour bien montrer à l’autre qu’on a réussi là où il s’est vautré dans l’échec.
Cela laisse entrevoir qu'il y a un lien informel entre individus qui dépasse le simple échange par signes, quels qu'ils soient. Lorsqu'on observe avec une caméra à positons l'activité cérébrale de deux individus, les mêmes aires cérébrales « s'éclairent » chez celui qui regarde et celui qui agit.

C'est à cause des neurones miroir que Jésou apprend et retient un enchaînement d'accords que lui montre Pierrot, c'est aussi par le mécanisme de leur action que je décide d'interpréter différemment une chanson après que ce même Pierrot me l'ait chantée. Elle nous permet de partager la même émotion, de la reconnaître comme telle. Par leur biais nous développons un langage commun, non verbal, à base de gestes, de mimiques dont la compréhension est commune à l'émetteur comme au récepteur du message, sans qu'il soit besoin de le verbaliser. C'est le phénomène d'empathie qui fait que ce qui est important pour l'un est décodé comme important par l'autre, sans qu'il soit besoin de l'exprimer explicitement.

On en a vu une illustration parfaite lors du concert des Status Quo. Rossi et ses compères les ont mobilisés à plein rendement, ces neurones miroirs; et dans nos têtes des aires « miroirs » vibraient à l'unisson. Quant Edwards s’est rapproché d’Alice, lui tendant un bras en souriant connement, l’un et l’autre ont très bien compris, sans avoir à le formaliser, l’émotion du moment. Ils étaient en phase. Alice était passée de l’autre coté du (neurone) miroir.

Mais tout cela appelle tout de même une remarque. Si on devait faire une analogie avec le fonctionnement d’un ordinateur, on pourrait souligner qu’il s’agit là d’une logique câblée, par opposition au software. En d’autre terme, nous sommes prisonniers de règles de comportement directement induites par programmation génétique. Ceci est avéré par des études montrant que l’autisme, ou certaines psychopathologies seraient le résultat d’un défaut de neurones miroirs.
Mais alors, cher Jacques (Monod), quid du libre arbitre si nous sommes prédestinés à agir dans un carcan comportemental inhérent à notre nature profonde ?

Putain, ça fout les jetons.

Je serais rassuré d’apprendre qu’à l’instar des neurones miroirs, il existe aussi des neurones « pif-paf » (pile ou face), dont l’action nous ferait agir au hasard.
Et puis je me demande tout de même une chose, vu les possibilités infinies des connexions neuronales, pourquoi imite-t-on si mal ? Enfin tout de même ! À avoir une structure si miraculeuse, on l’espèrerait plus efficace. Pourquoi le simple fait de regarder un geste ne nous permet-il pas de le reproduire à la perfection, pourquoi cette longue succession d’échecs avant de parvenir au succès ? Est-ce un problème d’appauvrissement du signal, un transcodage imparfait ? Des interférences dans l’éther qui nous sépare les uns des autres ? Pourquoi même après avoir écouté Lenny Kravitz 50 fois, suis-je incapable de chanter « I’ll be Waiting » ? Et coté empathie, comment se fait-il qu’on ne comprenne pas mieux les femmes, ces être mystérieux ? Manqueraient-elles de neurones miroirs ?

Cependant il s’est passé un phénomène intéressant lors de la répète, ce mercredi. J’ai perçu les « bonnes vibrations » comme jamais ; sur un rythme lent et lourd, j’ai ressenti le blues comme rarement, et j’ai laissé s’écouler l’émotion de ma voix. Et éprouvé au creux de mon ventre le cri des guitares, le feulement de la basse.
Je crois que certains des mes amis ont partagé ce moment. De l’autre coté des miroirs.


pour en savoir plus sur notre relation à la musique d'un point de vue cérébral visitez ce lien, passionnannt :

5 commentaires:

Anonyme a dit…

T T là ?
kéké

Anonyme a dit…

j'veux dire .. à la répète ?

Anonyme a dit…

si oui, c'est bien
progrés
rekéké

Anonyme a dit…

kéké, fouteur de merde

Anonyme a dit…

a mon avis, vu ce qu'il a pondu, non seulement il etait là ,mais je pense qu'il sortait tout juste d'un de ses stages a la con ,pour cadres inactifs du genre comment faire comprendre a des sous hommes(c.a.d. tout ce qui n'est pas cadre hospitalier) qu'ils n'ont rien compris a ce qu'on ne leur a pas expliqué!
poun