Ainsi je m’aperçois avec stupeur qu’en ce lundi 29 décembre je n’ai toujours par rempli mon devoir de compte-rendu de la dernière répète, qui s’est d’ailleurs déroulée exceptionnellement un mardi pour cause de réveillon le mercredi 24, en l’absence des membres féminins du groupe. L’une, injoignable, vaquait à ses occupations, l’autre préparait le dîner du lendemain. C’est donc entre hommes que s’est effectué le traditionnel marathon musical nocturne de cette répète de noël.
Une fois de plus en pareille circonstance, nous nous sommes sentis seuls et abandonnés sans « nos femmes » -désemparés serait le mot juste-, et un temps d’adaptation a été nécessaire pour faire le deuil de leur absence. La SJM paraissait bien vide sans elles et nous l’arpentions en large et en large (car elle manque un peu de longueur) comme des âmes en peines.
Une fois notre détresse surmontée nous avons tant bien que mal entamé la session, reprenant un a un les divers morceaux du répertoire.
Afin de rendre un hommage posthume (mais nous l’espérons éphémère) aux dames, nous nous sommes appliqués à une interprétation la plus « propre et carrée » possible, chacun d’entre nous faisant assaut de virtuosité.
Elles auraient été fières de nous ! la prestation fut fort correcte avec parfois des instants de qualité.
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Alors que je fais une pause tandis que je vous écris, regardant par la fenêtre le paysage éclairée hivernalement aux couleurs froides d’un ciel que le canal perdu de Jacques Brel n’aurait pas renié, j’essais d’extraire de ma mémoire défaillante quelque temps fort dont j’aurais pu développer les instants. Las il ne m’en revient aucun dont l’intérêt soit digne d’être consigné ici.
Si, cependant, en y réfléchissant… Une analogie amusante avec le repas provençal du réveillon de noël s’impose à moi : à l’instar des treize desserts d’icelui, ce sont autant de chansons que nous affichons désormais en routine à notre répertoire. Deux ou trois autres peuvent le cas échéant en compléter la richesse, moyennant quelques petits arrangements avec notre rigueur proverbiale. Il en est d’ailleurs ainsi avec les treize desserts dont la composition varie d’une tradition à l’autre.
Espérons que la digestion des nôtres soit plus aisée que leurs homologues alimentaires !
En poussant la comparaison dans ses derniers retranchements, on aurait pu aussi voir en ce rassemblement de musiciens, une métaphore de la crèche. Autour de Jésou, le bien nommé, on pouvait apercevoir le bœuf, l’âne et le tambourinaire contemplant, extatiques, l’étoile de Bethléem, dont j’ai la modestie d’imaginer que j’aurais pu l’incarner : étoile montante du rock gériatrique, scintillant au firmament de la Scène locale. Mais j’en conviens, ce rapprochement est peut-être un peu alambiqué.
En tous cas, les rois mages, de source sure, seront vraisemblablement au rendez vous ; qui en sus de l’or, la myrrhe et l’encens pourraient apporter à notre tambourinaire quelque satisfaction musicale. Mais je ne peux en dire plus, mes lèvres sont scellées et le dôme du silence doit encore protéger de son enceinte hermétique toute information à ce sujet.
Les artistes sont superstitieux et répugnent à annoncer trop prématurément tel ou tel bonheur futur, je laisserai donc au temps faire son œuvre et vous engage à demeurer fidèles à ces colonnes afin d’en apprendre plus prochainement.
Mardi 30 doit se dérouler la répète de pré-jour-de-l’an à laquelle je ne pourrai hélas assister. En effet tel l’homme-lige, vassal dévoué à son seigneur le Leader Maximo, la sentinelle, le pathfinder comme le nomment nos amis anglais, bravant les intempéries je ferai le chemin menant au Chambon afin d’en reconnaître les dangers en prévision de la venue du groupe en Haute Loire pour le 31. Je pourrai ainsi vérifier que toutes dispositions sont prises afin que chacun bénéficie d’un accueil personnalisé au long de ce court exode festif. Je serai le licteur de l’Imperium, précédant ces hommes de pouvoir que sont devenus la plupart d’entre nous. Je serai chargé de faire appliquer toute décision coercitive grâce au faisceau de verges, attribut de ma fonction, en cas de manquement aux règles de l’hospitalité.

Philou, conseiller prud’homal.
Craignez mes verges cinglantes, et ma hache tranchantes, craignez son courroux si la perfection n'est pas au rendez-vous
Pour en savoir plus sur les licteurs, et leur relation avec le fascisme, je vous renvois à ce passionnant article